Ce mémorandum a été adressé aux Nations Unies au mois de mai en 2008.
Le rapport Mapping des Nations Unies sorties en Août 2010, a confirmé la plupart des éléments qui figurent dans ce mémorandum.
Si vous souhaitez prendre connaissance des preuves citées, veuillez contacter les Responsables du CNR Intwari :
En Suisse : 0041786522183,
Aux USA 0016032946035,
En France 0033620627806,
En Belgique 0032498772054
Au Canada:00151469452623

1. Synthèse

Un criminel de guerre promu «Héros» du Rwanda et de l'humanité!

Le juge espagnol Fernando Andreu Merelles a lancé, mercredi 6 février 2008, des mandats d'arrêts à l'encontre de quarante hauts responsables de l'armée rwandaise pour actes de génocide, crimes de guerre et terrorisme1 commis au Rwanda et en République démocratique du Congo entre le 1er octobre 1990 et 2002. Le général Paul Kagame2, dont la responsabilité est désignée sans ambiguïté, est épargné, pour l'instant, en raison de son statut de chef d'Etat en exercice.

A la faveur de sa victoire militaire sur les forces du régime Habyarimana et solidement soutenu par ses puissants parrains américains et anglais, le général Paul Kagame s'est imposé au peuple rwandais comme son « Sauveur » et son «Libérateur»! Le «Héros» partout célébré pour avoir arrêté un génocide pourtant entièrement consommé. Curieusement, l'article 14 de la Constitution rwandaise affirme en des termes clairs et précis que le génocide s'est étalé sur la période du 01 octobre 1990 au 31 décembre 1994 : «L'Etat, dans les limites de ses capacités, prend des mesures spéciales pour le bien-être des rescapés démunis à cause du génocide commis au Rwanda du 1er octobre 1990 au 31 décembre 1994, des personnes handicapées, des personnes sans ressources, des personnes âgées ainsi que d'autres personnes vulnérables». Comment, dans de telles conditions, ne pas se demander par quelle magie aucun membre Tutsi du FPR n'a jusqu'à ce jour été jugé, ni par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ni par les juridictions nationales rwandaises ou étrangères? Est-ce à dire qu'aucun d'entre eux n'ait trempé dans les crimes de guerre, crimes de viols, crimes de paix3, crimes contre l'humanité et crimes de génocide qui ont émaillé cette sombre période?

Tout se déroule comme si au Rwanda la culpabilité et la justice devaient être à sens unique, la mémoire de la guerre et du génocide être sélective et exclusive. Le peuple rwandais est littéralement pris au piège de l'instrumentalisation du génocide des Tutsi. Ces derniers sont parfois considérés comme des «Juifs d'Afrique4» dans l'intention manifeste de prévenir la moindre tentative de «révisionnisme» susceptible de conduire à la relecture des événements tragiques survenus au Rwanda, une relecture qui, cependant, semble de plus en plus inéluctable. Tout se passe en effet comme si au Rwanda il n'y avait eu qu'une seule et unique partie belligérante, en l'occurrence celle où se retrouvent globalisés sans doute à tort tous les Hutu du Rwanda. On fait comme si les victimes étaient d'un seul camp, à savoir celui des Tutsi et les bourreaux de l'autre, à savoir celui des Hutu. On se retrouve piégé dans un schéma aussi cynique que simpliste dans lequel s'opposeraient à mort les «méchants» Hutu et les «gentils» Tutsi! Aux yeux de l'ONU, le FPR serait pourtant qualifié pour la mission délicate de réconcilier les composantes d'une nation dont il constitue, à notre avis, l'un des principaux fossoyeurs. Comment un Etat fondamentalement partial pourrait-il rassurer tous ses citoyens?

Le FPR, juge et partie dans la tragédie rwandaise

Financées à coup de millions de dollars par des bailleurs de fonds en apparence sans scrupule, les fameuses juridictions «gacaca5» taillées sur mesure font rage dans le pays où elles attisent l'injustice, encouragent la délation et la haine et consacrent l'inégalité des citoyens devant la loi, au sein d'une société toujours aussi traumatisée par les conséquences d'une tragédie mal assumée.

Il s'agit manifestement d'une justice de vainqueur, taillée sur mesure et ayant pour mission d'assurer l'impunité à une certaine catégorie de la population rwandaise. Mais malgré tous les subterfuges utilisés, le gouvernement FPR ne parvient pas à stabiliser en profondeur la situation politique dans le pays. Au contraire, des milliers de familles continuent d'être spoliées de leurs biens, d'autres sont détenus parfois depuis 14 ans et sans le moindre dossier, on relève tant de disparitions forcées et tant de gens contraints à l'exil. On assiste aujourd'hui à une situation politique toujours aussi instable et très dangereuse dans la mesure où le conflit rwandais est loin d'être résolu et de révéler sa cause et sa finalité véritables. Il s'est même considérablement régionalisé et internationalisé au point que l'on peut affirmer sans le moindre risque de se tromper que la source de la crise prévalant dans le Nord-Kivu en RDC se trouve bel et bien au Rwanda. Au chevet de la RDC depuis plusieurs années déjà, la Communauté internationale aurait dû s'en apercevoir mais rien n'indique réellement que la paix et la stabilité de cette région tant convoitée soient inscrites sur son agenda.

Le génocide des Tutsi, la partie visible de l'iceberg

Le génocide des Tutsi du Rwanda est une réalité indéniable. Mais aussi effroyable qu'il puisse paraître, ce génocide dans sa version officielle à plusieurs égards contestable, ne constitue que la partie visible de l'iceberg du génocide rwandais planifié par Museveni.

Dans une décision rendue le 1er décembre 2006 à Arusha, la chambre d'appel du Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) a réitéré son « constat judiciaire » du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994. Dans une précédente décision rendue le 16 juin 2006 dans le cadre du procès de trois dirigeants nationaux de l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND6), la chambre d'appel avait conclu que le génocide des Tutsi du Rwanda constituait « un fait de notoriété publique » faisant partie de l'histoire de l'humanité et qui n'est plus à démontrer.

La chambre d'appel du TPIR avait néanmoins tenu à souligner que le «constat judiciaire» du génocide ne dispense pas le Procureur d'apporter les preuves de sa thèse d'un plan du génocide. Il serait donc permis de poursuivre les investigations afin de découvrir le plan du génocide. C'est ce que nous avons tenté de faire en élucidant certains points qui nous semblaient cruciaux et que le Procureur a préféré ignorer soit par omission soit par action et pour des motifs encore mal expliqués.

Remodelage de l'Afrique sur fond d'une guerre inavouable entre puissances dites «civilisées»

Après avoir remonté aux sources du drame rwandais qui n'est en réalité qu'un des maillons de la chaîne dans le cadre d'une conflagration mondiale, nous démontrons, preuves à l'appui, pourquoi l'agression de l'Ouganda contre le Rwanda a été orientée dans un certain sens, celui de la reconnaissance du génocide des seuls Tutsi alors que celui-ci s'inscrit indiscutablement dans le plan d'une plus large extermination qui, initialement, visait plutôt les Hutu du Rwanda.

Selon des documents ultrasecrets obtenus auprès des services de renseignements ougandais et rwandais, l'invasion armée du Rwanda par l'armée ougandaise sous le couvert d'un mouvement rebelle rwandais créé et armé à cet effet, obéissait avant tout à un plan ambitieux d'une «guerre de libération régionale» ayant pour objectif de fédérer dix7 pays africains sous l'autorité du Président ougandais Yoweri Kaguta Museveni. Réunifiés, ces 10 pays devaient former une région vitrine dénommée « Grande Région Unifiée; Great United Region » et devant disposer d'une « Armée Rouge de Réserve ; Reserve Red Army » comptant 2.000.000 hommes et prête à assujettir le reste de l'Afrique subsaharienne. Ne tarissant pas d'éloges pour le chef de l'Allemagne nazie Adolf Hitler, Museveni entendait agir avec le soutien du Royaume-Uni et des Etats-Unis manifestement décidés à chasser la France de l'Afrique où ils espéraient en outre contrer l'influence des puissances émergentes comme la Chine et l'Inde et imposer un ordre politique, économique et militaire totalement anglo-saxon sur le continent africain.

Au-delà de la problématique Hutu-Tutsi

On a acquis l'habitude trop simpliste d'analyser tout conflit qui se déroule en Afrique sous l'angle étroit de l'ethnisme et/ou du régionalisme. Ainsi plus de 7 millions de morts dans la RAGL en l'espace de 17 ans seraient à mettre sur le compte d'incessantes luttes ethniques et régionales dont le continent africain détiendrait le triste record! Des experts autoproclamés n'hésiteront pas à réduire la tragédie rwandaise à la résultante d'une haine atavique et séculaire entre les Hutu et les Tutsi en oubliant que, de l'aveu même du Ministre français des Affaires étrangères et européennes M. Bernard Kouchner8, au Rwanda, la France s'est heurtée aux Belges, aux Anglais et aux Américains. Le responsable français précise que cette confrontation se déroulait sur fond du jeu d'influences multiformes sur la RDC. Comment, dans un tel contexte, expliquer que près de 5 millions de Congolais tués en l'espace de 10 ans ne seraient que des dégâts collatéraux d'une guerre sans merci que se livreraient Hutu et Tutsi du Rwanda depuis des siècles? Notons pour comparaison que la 2ème guerre mondiale s'est soldée par 9 millions de morts au terme de 5 ans de combats dans lesquels étaient engagées les armées des principales puissances de l'époque. Si l'on voit actuellement ces pays dits «civilisés» intervenir de moins en moins ouvertement, cela ne réduit en rien leur influence néfaste dans les conflits qui déstructurent l'Afrique et d'autres parties du monde.

Simplifier un continent jugé particulièrement complexe

Provoquée, alimentée et parfois portée à son paroxysme selon les intérêts des politiciens locaux eux-mêmes le plus souvent réduits à de simples pions entre les mains de leurs parrains étrangers, l'opposition Hutu-Tutsi constitue certes un créneau porteur en ce qui concerne le Rwanda et le Burundi. Mais la «guerre de libération régionale» chère aux Présidents Museveni et Kagame est autrement plus ambitieuse. Il faudra donc élargir ce créneau en assimilant les Hutu aux Bantous et les Tutsi aux Nilotiques en vue de mettre en place un schéma socioculturel pratiquement valable sur toute l'Afrique noire, un schéma aisément manipulable dans les dix pays à fédérer sous une entité solidement ancrée sur le modèle anglo-américain. Une précieuse longueur d'avance prise par les Anglais et les Américains par rapport à la France placée en position de bouc émissaire idéal s'agissant particulièrement du drame rwandais.

L'Afrique face à son destin

Le 26 Juillet 2007 à Dakar, le Président Nicolas Sarkozy a déclaré : «... le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire ». Selon lui, le paysan africain, qui « depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles...étranger à l'idée de progrès ».

Cette déclaration a aussitôt déclenché de vives protestations tout en ayant le mérite de les provoquer. Car en effet la question relative à l'attitude des Africains face à leur destin commun reste posée. Car comment comprendre que, dans le contexte d'une mondialisation toujours plus franche,-d'aucuns diraient de plus en plus sauvage-, le politicien africain continue de manier les arguments de l'ethnisme et du tribalisme, faisant ainsi le bonheur de ceux qui ne regardent l'Afrique qu'à travers ses ressources naturelles et autres matières premières précieuses? C'est pourtant ce qui se passe dans la RAGL où des peuples entiers sont menacés d'extermination par des puissances dites «civilisées» et du «monde libre» qui se battent pour le contrôle de cette région dont le cœur se trouve être la RDC décrite à juste titre comme un «scandale géologique».

Comment admettre que, sous la conduite des seigneurs de guerre formés et lourdement armés par des Etats donneurs de leçons dans les domaines de la démocratie et des droits de l'homme, nos peuples soient massacrés au nom des rivalités économiques et culturelles entre les mondes anglophone et francophone? C'est pourtant ce qui s'est passé au Rwanda et qui se poursuit en RDC et dans toute la région. En effet, l'extension de « la guerre de libération régionale » à l'Ex-Zaïre, guerre dont Museveni est le leader et planificateur incontestable, était subordonnée à l'occupation du Rwanda par la NRA de l'Ouganda. Pour ce faire, celle-ci s'est déguisée en FPR qui, dans l'intention de dissimuler le génocide des Hutu planifié depuis 1989 en Ouganda et s'assurer d'un pouvoir sans fin et sans partage au Rwanda, dut passer par un plan transitoire d'incitation à l'extirpation de l'opposition démocratique en acte et en puissance (Tutsi et Hutu) avant l'extermination systématique des Hutu qualifiés par le duo Kagame/Museveni comme des « ennemis régionaux » et « obstacles majeurs » à la poursuite de la guerre de libération régionale. L'extermination des Hutu en toute impunité n'était possible que précédée par une guerre civile permettant au FPR de contourner le traité de paix d'Arusha et l'option pour une solution politique négociée, toutes les deux étant en réalité des simulacres au service de la récupération du Rwanda considéré comme un tremplin aux opérations à venir.

A cet effet, l'assassinat inévitable de Habyarimana devait agir comme le détonateur immédiat de l'effondrement de l'ordre public intérieur. C'est à ce moment précis que la guerre, longtemps subordonnée à l'assassinat préalable de Habyarimana, pouvait enfin commencer. Initialement prévue au milieu des années 1989, cette guerre a été différée et retardée par l'insuccès d'une série d'échecs d'actions commandos allant de la fin de 1988 au 13 mars 1990, date à laquelle une réunion d'évaluation des obstacles à l'assassinat du Président rwandais à l'intérieur de son pays a décidé de confier à Nyerere une mission de concevoir une stratégie ultime pour contourner la sécurité intérieure trop serrée autour de Habyarimana. Dans une autre réunion tenue le 20 avril 1990, Nyerere a proposé à Museveni de scinder la guerre initialement subordonnée à l'assassinat préalable de Habyarimana en deux guerres distinctes mais aux objectifs absolument complémentaires. Il s'agit de la guerre provisoire et de la guerre définitive sur lesquelles nous nous étendrons en détails tout au long de ce travail.

Télécharger tout le Mémorandum

1 Au terme d'une enquête ouverte en 2005, l'Audience nationale, la plus haute instance de la Justice espagnole, vient d'annoncer la poursuite en justice pour « génocide, crimes contre l'humanité et terrorisme» de 40 hauts responsables militaires rwandais membres du FPR.
2 Libération du 09/02/2008.
3 Le Traité de paix d'Arusha signé le 04/08/1993 réunissait toutes les causes de nullité absolue telles que stipulées dans les articles 46 à 53 de la Convention de Vienne sur le Droit des traités du 23 mai 1969.
4 Voir HAVILA, une organisation de coordination mondiale de la diaspora hébraïque tutsi. Lire aussi Paul Del Perrugia dans son ouvrage « Les derniers rois mages ».

5 Ce sont des tribunaux inspirés de la justice traditionnelle mais récupérés par le régime. Par exemple, Dr Théoneste Niyitegeka, candidat indépendant à la présidentielle de 2003, vient d'être condamné à 15 ans de prison ferme au terme d'un procès politique conclu le 05/02/2008 par la juridiction gacaca de Gihuma, Province du Sud. Le 23 janvier 2008, Ambroise Cyubahiro a été condamné à 30 ans de prison ferme par la juridiction gacaca de Ngoma après avoir été blanchi par des témoins rescapés Tutsi de Kinazi où se sont déroulés les faits jugés. Parmi les charges retenues contre M. Cyubahiro figure le fait d'être le fils d'un ancien dignitaire membre imminent du MDR-Parmehutu et bourgmestre sous le régime du Président Grégoire Kayibanda.
6 C'est le Parti unique fondé par le Président Juvénal Habyarimana en 1975.
7 Ces pays sont l'Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, le Burundi, la RDC (au moins sa région Est), le Kenya, le Soudan, l'Ethiopie, l'Erythrée et la Somalie.
8 Interview sur Europe 1, le 02/10/2007 sur la réconciliation franco-rwandaise.