Partenariat-Intwari

IntwariPartnership

CNA-Ubumwe   FDLR-CMC   PDN

Déclaration du Président

Re : 001/PI/P/14/03/2006

Réuni à Bruxelles du 04 au 05/03/2006, le Conseil du Partenariat-Intwari a fait un large tour d'horizon sur la situation politique qui prévaut au Rwanda et dans la région de l'Afrique des Grands Lacs. Le Conseil a relevé avec satisfaction les évolutions sociopolitiques positives qui sont observables au Burundi et en République démocratique du Congo grâce essentiellement au dialogue politique engagé dans ces deux pays frères et voisins du nôtre.

Le Partenariat-Intwari tient à saluer le courage des dirigeants et des peuples de ces pays ainsi que les efforts de la Communauté internationale sans lesquels ces processus de pacification et de stabilisation ne sauraient aboutir.

Le Partenariat-Intwari se félicite également du bon déroulement des élections législatives et présidentielles récemment tenues en Tanzanie et en Ouganda. Il salue les progrès enregistrés par ces pays sur la voie de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Le Partenariat-Intwari encourage particulièrement le Gouvernement et le peuple de la République démocratique du Congo à conjuguer leurs efforts afin de conclure, sur une note positive, le processus électoral en cours au bénéfice de leur propre pays et de l'Afrique dans son ensemble.

A propos du Burundi, le Partenariat-Intwari est vivement préoccupé par les révélations des Autorités burundaises au sujet de plans de déstabilisation visant les jeunes institutions démocratiques de ce pays. Nous condamnons avec la plus grande fermeté tous les fauteurs de troubles et appelons le vaillant peuple du Burundi à soutenir massivement ses leaders pour faire échouer toutes ces manoeuvres criminelles qui ne peuvent que l'empêcher de jouir de la paix et de la réconciliation enfin retrouvées grâce à une résistance multiforme.

S'agissant du Rwanda, le Partenariat-Intwari constate malheureusement, que le régime tyrannique du Président Paul Kagame bénéficie toujours de la complaisance de la part de certains milieux internationaux qui, d'habitude, font preuve d'intransigeance quant à aux valeurs démocratiques et de bonne gouvernance. Le Partenariat-Intwari est, malgré tout, déterminé à établir les bases de la démocratie au Rwanda en y instituant l'Etat de droit, une justice indépendante, la liberté de la presse et la pluralité politique et syndicale. Nous entendons, pour ce faire, nous donner tous les moyens susceptibles d'animer la résistance citoyenne et d'en assurer le succès.

En matière de démocratie, le Partenariat-Intwari ne saurait accepter le statu quo de l'Etat-parti que le Président Kagame et le FPR tentent d’imposer au peuple rwandais à travers notamment la satellisation ou la répression de l'opposition, la récupération de la société civile, l'assassinat ou l'emprisonnement d'opposants politiques et d'autres leaders d'opinion, la persécution des journalistes critiques du Gouvernement et d'autres pratiques inacceptables.

En matière de justice, le Partenariat-Intwari rejette fermement une "justice" administrée par des juges totalement aux ordres du FPR, incapables de contribuer, un tant soit peu, à l'établissement de conditions d'une paix sociale durable dans le pays. Nous rejetons catégoriquement les juridictions "gacaca" dans leur version actuelle et réclamons vigoureusement la mise en place d'une « Commission Vérité et Réconciliation » qui soit totalement indépendante du pouvoir exécutif.

En matière de liberté de la presse, le Partenariat-Intwari s'oppose fermement à l'arrogance avec laquelle l'Etat FPR traite la profession des journalistes alors que ceux-ci, moyennant des garanties dans l'exercice de leur profession, devraient être mis à contribution dans l'éducation et l'information de la population afin d’amener celle-ci à maîtriser son destin trop souvent manipulé par des cliques égocentriques et sans scrupule.

Sur le front de la pluralité politique et syndicale, le Partenariat-Intwari est déterminé à imposer, par tous les moyens possibles, l'ouverture de l'espace politique au Rwanda afin de garantir qu'une opposition démocratique puisse librement y exercer ses activités et pour qu'une société civile autonome puisse y contribuer au dialogue social si indispensable.

C'est pour faire émerger et implanter cette nouvelle dynamique démocratique au Rwanda que le Partenariat-Intwari entend intensifier son combat pour la tenue d'un dialogue national, juste et inclusif, seul cadre susceptible de réunir les conditions d'une paix sociale durable et d'une démocratie authentiquement multipartiste et pluraliste dans notre pays.

Nous entendons en particulier amplifier notre campagne d’explication et de sensibilisation auprès de la Communauté nationale et internationale afin d'obtenir la libération inconditionnelle des prisonniers d'opinion dont l'ancien Chef de l'Etat M. Pasteur Bizimungu, l'ex-Ministre M. Charles Ntakirutinka et le Colonel Stanislas Biseruka.

Nous sommes totalement mobilisés pour faire cesser les politiques criminelles de l'Etat FPR délibérément mises en oeuvre pour déstabiliser et fragiliser la population dans le but cynique de la soumettre à la loi de la tyrannie. Le Partenariat-Intwari est de fait persuadé que,  par ses stratégies de paupérisation et de clochardisation des masses populaires, l'Etat FPR est au moins partiellement responsable de la famine qui sévit actuellement dans le pays.

Par ailleurs, nous restons debout pour empêcher le FPR de poursuivre et de persécuter, impunément, nos concitoyens qui, le fuyant, se sont établis sur tous les continents du monde. Si le cas des réfugiés rwandais au Malawi dont le FPR tente d'obtenir le rapatriement forcé est toujours d'actualité, nous ne pouvons malheureusement ignorer qu'il ne s'agit là que d'un exemple parmi tant d'autres. Nous pensons à ces 20.000 compatriotes signalés au Burundi, aux centaines qui ne cessent de fuir vers l'Ouganda sans oublier ceux, encore plus nombreux, qui se trouvent en République démocratique du Congo ainsi que ceux qui, chaque jour, dans des conditions de plus en plus difficiles, parviennent à débarquer en Europe ou en Amérique.

S’agissant précisément du rapatriement des milliers de combattants et de réfugiés civils vivant encore en RDC, le Partenariat-Intwari réaffirme son soutien au processus de Rome dont les limites s'expliquent en grande partie par l'attitude négative du Gouvernement de Kigali tenté d'évacuer de ce processus tous les aspects politiques qui le gênent. Nous sommes, quant à nous, convaincus que le temps est venu d'imposer le dialogue au régime du FPR.

Sur le plan intérieur, nous entendons également demander des comptes à l'Etat FPR sur le massacre de Mulindi où, le 21/12/2005, ont péri, sous la mitraille de la garde présidentielle, plusieurs dizaines de soldats, coupables d'avoir osé contester les conditions inacceptables de leur détention. Cette affaire est d'autant plus préoccupante que des informations crédibles font état de plans d'élimination de témoins gênants pour des responsables politiques et/ou militaires du FPR, aujourd'hui rattrapés par les crimes ignobles qu'ils ont commis dans le sillage de la tragédie des années 90.

Etant donné le refus entêté du régime tyrannique du FPR de prendre en compte nos revendications démocratiques, nous mettons solennellement en garde l'opinion nationale et internationale contre les risques de plus en plus croissants d'une confrontation armée au cas où l’impasse actuelle devrait persister.

Nous lançons un appel pressant et fraternel aux autres forces de l'opposition pour qu'elles nous rejoignent afin de renforcer le Partenariat dont les textes fondamentaux mettent en évidence le caractère très ouvert.

Nous appelons enfin tous nos concitoyens épris de paix, de liberté et de démocratie, où qu'ils se trouvent et de quelque catégorie qu'ils soient, à nous manifester leur soutien.

Fait à Genève, le 14 mars 2006

Pour le Bureau exécutif

Gén. Emmanuel Habyarimana(sé)

Président