Partenariat-Intwari
Intwari-Partnership
CNA-Ubumwe   FDLR-CMC   PDN

COMMUNIQUE DE PRESSE


 
Il n’y aurait aucun scandale à dialoguer. Un Dialogue national et inclusif s’impose au Rwanda.  
 
Le Partenariat-Intwari a noté avec intérêt les récentes déclarations du Ministre belge des Affaires étrangères en faveur de la tenue d’un dialogue inter rwandais. De retour d'une mission en Afrique centrale, Monsieur De Gucht a en effet déclaré à la presse que la solution au retour de la paix dans la sous-région dépendrait d'un dialogue entre les rebelles des FDLR et le gouvernement de Kigali.
 
Tout en se félicitant de ces déclarations qui marquent une évolution positive de la Communauté internationale dans ses efforts de pacification et de stabilisation de l’Afrique des Grands Lacs, le Partenariat-Intwari estime néanmoins qu’il faut se garder de réduire le dialogue souhaité à un face à face entre le Gouvernement FPR et les rebelles rwandais. Nous restons en effet convaincus qu’il s’agit là d’un problème fondamentalement politique même si le régime de Kigali s’est toujours efforcé de le confiner dans sa dimension exclusivement militaire. A cet égard, le Partenariat-Intwari renouvelle son appel aux principaux parrains du régime de Kigali à savoir les Gouvernements américain et britannique afin qu’ils suivent l’exemple du Gouvernement belge en privilégiant une solution pacifique au conflit rwandais dont les incidences négatives sur la région ne sont plus à démontrer.
 
Par ailleurs, le Partenariat-Intwari n’entend point se laisser impressionner par les réactions outrées du Gouvernement FPR suite aux déclarations du Chef de la diplomatie belge.  En traitant de « scandaleuse » la déclaration de son homologue belge et en brandissant la menace d’un « autre scandale diplomatique », la Ministre rwandaise des Affaires étrangères et de la Coopération, Mme Rosemary Museminali, n’a fait que confirmer la position officielle de l’Etat FPR par rapport à un mouvement qu’il continue de diaboliser comme étant globalement « génocidaire » alors qu'il en a déjà recyclé un bon nombre parmi ses dirigeants dont l’ancien Commandant en chef Paul Rwarakabije.
 
Le Partenariat-Intwari tient en outre à mettre en garde l’opinion tant nationale qu’internationale contre toute tentative de réduire le conflit rwandais à sa seule dimension ethnique. Nous pensons que le moment est enfin venu de prendre en considération toutes les sensibilités de la société rwandaise en cessant d’alimenter la fausse impression que le gouvernement FPR serait le champion des Tutsi tandis que les FDLR représenteraient les Hutu. Le Dialogue inter rwandais ne peut être vraiment efficace que dans son format national et absolument inclusif. Celui-ci devra impérativement tenir compte de l’opposition et de la société civile rwandaises dans toute leur diversité.
 
Quant à l’argumentaire hypocrite développé par le régime de Kigali dans ses tentatives de justifier son opposition systématique et persistante à toute forme de discussion avec son opposition, nous estimons que, non seulement le dialogue politique serait bénéfique pour tous, mais qu’en plus, il serait moins coûteux que les innombrables opérations montées par le Service de sécurité extérieur et destinées à récupérer et/ou à torpiller les efforts d’organisation de la diaspora rwandaise à travers le monde.
 
En effet, plusieurs journalistes, défenseurs des droits de l’homme ou d’opposants politiques ont déjà été éliminés ou emprisonnés par le régime de Kigali tandis que les plus chanceux ont pu fuir le pays. Quatre journaux sont aujourd’hui menacés d’interdiction de paraître au seul motif que leur ligne éditoriale ne plairait pas au régime totalitariste en place. Les propagandistes du FPR s’en prennent de plus en plus violemment aux médias étrangers comme la BBC et la Voix de l’Amérique (VOA) accusés de propager « l’idéologie génocidaire » en donnant aussi la parole aux opposants politiques et aux autres personnalités critiques de la politique du régime Kagame. Le FPR s’est, de fait, transformé en un Parti Etat comme au bon vieux temps du parti unique tout en continuant de prétendre instaurer la démocratie dans le pays.
 
Nous pensons que tous ces faits et tant d’autres encore sont autant de preuves qui mettent suffisamment à nu l’instrumentalisation politicienne du génocide rwandais par le régime du FPR dont plusieurs ténors sont pourtant poursuivis pour des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis au Rwanda et en République démocratique du Congo. 
 
Fait à Bruxelles, le 06 mai 2008
 
Déogratias Mushayidi(Sé)
 
Secrétaire général et Porte-parole